Trouver, trouver, trouver... sans chercher

Avez-vous remarqué le discours des vendeurs de pelle de rêve (formule que tous les SEO comprendront) ? Qu'il s'agisse de vous vendre une formation pour bloguer pro mieux que les blogueurs pro (dont une écrasante majorité ne gagne pas grand'chose selon l'étude de Stéphane Briot, lire http://stephanebriot.xyz/un-blogueur-pro-les-chiffres/), de monter des sites de niches pour générer des revenus passifs, de faire ranker un moneysite qu'il s'agisse d'un WordPress ou d'un E-commerce grâce aux techniques de silos, de grappes ou de cocons sémantiques, LA PROMESSE EST LA MEME :

  • Trouver la niche qui va rapporter
  • Trouver le mot-clé qui va attirer les visiteurs sur votre site
  • Trouver le dropshipping que personne d'autre ne pratique et qui va vous rendre riche
  • Trouver comment font les concurrents pour être devant vous,
  • etc

Chacune de ces tâches est aujourd'hui largement automatisable - et donc automatisée, et ces vendeurs vous proposent bien évidemment d'acheter des outils qui se cherchent de trouver à votre place, pendant que vous sirotez tranquillement votre cocktail au bord de la plage, plongé intensément dans votre réflexion sur la semaine de 4 heures, songeant nonchalamment à écrire une suite au best-seller de Timothy Ferriss qui s'intitulerait "ma semaine de 3h15". [Note : cette phrase est volontairement longue, en clin d’œil à l'article de Marie-Aude à l'origine de ce billet, je l'en remercie encore.]

Bref.

Puisque mon article précédent faisait état de l'art de la rédaction par les Intelligences Artificielles, celui-ci traite de l'enrichissement sémantique apporté par les méthodes, logiciels ou autres solutions en mode Saas proposées par quelques développeurs référenceurs.

Je passe sous silence les techniques fustigées par la rédactrice, webmaster, éditrice de sites et autres activités connexes ou pas, à base de substitution de synonymes via un dictionnaire, ou de suppression de préposition pour n'en citer que deux.

Et je m'intéresse directement aux techniques SEO 2016 !

Lexies, metamots, clusters sémantiques sont dans un silo

GoogleBot repart de mes pages chargé de ballots linguistiques

Que l'algo balourd démêle et pondère avec ses propres métriques

Pour, in fine, me faire grimper au top du tableau !

Voilà comment on peut déjà se voir tout en haut de l'affiche, comme chantent certains migrants. Et PAF ! Là vous vous dites :

"Tiens ! Bizarre ! Je ne m'attendais pas à l'utilisation de ce mot, qui pourtant a fait irruption comme ça PAF! en plein milieu de phrase que j'en ai encore l'iris qui louche, c'est quoi cet écart ?"

Ok, vérification faite pour les ceusses qui suivent, Shahnourh Varinag Aznavourian est bien fils de migrants, mais pourquoi placer ce mot ici ?

Eh bien, Tintin, parce que c'est un outil d'analyse sémantique qui m'a suggéré "Pour résumer: si possible, ajouter quelques expressions de la liste suivante:" dont le mot en question.

Pour finir d'expliquer, j'avais donné l'adresse du site sitanim et la requête "rédaction".

Entre autre mot incongru, il m'a aussi suggéré d'utiliser le mot "Islamique".

Pourquoi pas ?

Mais si je prends à dessein ces exemples extrêmes (attention, la faible distance sémantique entre les mots "islamique" et "extrême" risque d'être mal interprétée par d'autres robots que GoogleBot... Encoures-je la censure sur Sitanim ?) , c'est bien pour illustrer mon propos : appliqués sans discernement, ces suggestions d'enrichissement de textes seront aussi rapidement repérées par les lecteurs humains  et détectées par les algorithmes que les trucs et astuces de base du rédacteur web pas cher.

Sémantique is the new SEO ?

Pour enfoncer le clou, résumons la situation :

> En 1995, il suffisait d'avoir un site pour que les internautes le visitent. Ce que le référenceur d'aujourd'hui ne peut comprendre s'il n'a pas connu les magazines papiers qui référençaient les sites, gratuitement.

> Avant Google, il y avait tous un tas d'annuaires web et de moteurs plus ou moins évolués.

> Avec l'arrivée de Google et de son Pagerank la donne a changée. Les sites ayant le plus de liens pointant vers eux étaient les mieux classés. Nonobstant toute notion de qualité, aussi bien de la part de l'émetteur du lien que du destinataire.

> A partir de 2012 Google décide de modifier cet état de fait et introduit des filtres chargés de pondérer voire de pénaliser les abus

> En 2016 le SEO se concentre désormais sur la forme (code optimisé pour le temps de chargement et la restitution multi-supports (responsive, voire applis) + métadonnées, rich snippets, Google AMP...) et le contenu (on-page, on-site) avec la notion de maillage (liens internes, on-page et on-site, et liens externes).

C'est ce contenu dont il est question avec les services de prestataires qui peuvent vous aider à borner vos pages en terme de sémantique (pratique si vous souhaitez travailler en cocon), à maximiser vos chances de répondre à des requêtes précises, ou encore de vous approprier une thématique bien ciblée.

L'offre actuelle, pour la France au moins, est riche et accessible. Voici les sites qui vont vous permettre d'affiner vos textes.

https://yourtext.guru

http://1.fr

http://www.visiblis.fr

Voici un blog qui traite d'optimisation sémantique et lexicale. Et qui propose ses propres outils :

http://www.referencement-naturel-white-hat.fr/blog-seo/

DISCLAIMER : Tout comme j'ai volontairement grossi le trait en début d'article pour bien montrer les limites d'une utilisation "press the button", je rappelle que la suroptimisation sémantique est très facilement détectable et sera sûrement pénalisée si Google considère que la volumétrie de pages suroptimisées gagne les secteurs les plus concurrentiels et visibles.

Pour ceux qui truffent leurs sites de termes connexes, synonymes, figures de styles et vocabulaires anachroniques, ne soyez pas étonnés de perdre et vos lecteurs, et vos places dans les pages de résultats des moteurs de recherche ! Une désoptimisation sémantique s'impose alors :-)